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PHYSIOPATHOLOGIE
L'âge, l'effort, et les facteurs
mécaniques jouent un rôle important. On observe ces lésions chez
les sujets jeunes (15 à 25 ans) sans anomalie dégénérative,
pratiquant un sport ou une activité musicale ou chez des sujets
plus âgés (35-40) pratiquant un sport de loisir et ayant un
vieillissement naturel. Les facteurs intrinsèques participent à
l'apparition des lésions cartilagineuses et tendineuses :
facteurs métaboliques (hypercholestérolémie, hyperuricémie) mais
il est à noter qu'une anomalie anatomique minime peut déclencher
une lésion de surmenage allant jusqu'à l'arthrose :
tibia varum et fracture de fatigue du tibia, arrière pied en varus
provoque une tendinite d'Achille et en valgus une lésion du tendon
du jambier postérieur. Les facteurs extrinsèques traduisent une
erreur d'initiation ou d'entraînement ; quantité :
augmentation brutale du rythme et d'intensité ou qualité :
aspect répétitif d'un geste délicat (initiation violon). Les lésions
de surmenage sont parfois dues à un geste technique mal réalisé
par un "amateur" ou avec des matériels mal adaptés :
Raquette lourde responsable d'une épicondylite ou chaussures usées
responsables d'une tendinite d'Achille ou violon mal adapté et
tendinite de la main.
Pathologies des Lésions
On peut diviser les lésions en
plusieurs catégories :
OSSUEUSE :
fractures de
fatigue et de périostites
- Les fractures de fatigue :
Les fractures de fatigue
sont spécifiques d'une traumatologie sportive sur un os sain,
chez un sujet en bonne santé, lors d'une activité physique
normale. Les fractures de fatigue peuvent survenir en tissus
osseux spongieux (col du fémur, plateau tibial et du calcanéum)
ou os long (tibia). Les fractures de fatigue ont des localisations
variables selon chaque sport. Athlétisme, jogging sont les sports
les plus responsables, en milieu sportif ; les localisations
les plus fréquentes sont : le péroné, le tibia, les métatarsiens.
L'évolution des fractures de fatigue est favorable : repos
(seuil de la non douleur) et mise en décharge de l'os lésé.
L'indication chirurgicale se discute lors des complications.
- Les périostites :
La périostite est une affection frontière entre les fractures de
fatigue et le syndrome de loge (compression par augmentation du
volume musculaire) . Le traitement repose sur l'arrêt du sport et
la prise d'antalgiques.
Lésions articulaires :
- Les arthropathies.
Les contraintes mécaniques exercées sur les surfaces articulaires
provoquent des micro-fractures de l'os sous-chondral ( l'os
portant le cartilage ) entraînant une dégénérescence secondaire
du cartilage. L'absence d'une période de récupération inhiberait
toute régénération du cartilage. Arthropathie
acromio-claviculaire droite chez le joueur de tennis de table
droitier, lésion de l'articulation péronéo-tibiale chez le
footballeur, lésions des articulations de la main chez les
pianistes. Le traitement médical est fondé sur le repos, les
infiltrations intra-articulaires.
- Les arthropathies dégénératives
:Les lésions arthrosiques
se manifestent chez le sportif vieillissant ou suivant une activité
sportive intéressant un membre siège d'une anomalie anatomique :
(insuffisance de couverture cotyloïdienne chez la danseuse
responsable de coxarthrose pouvant nécessiter une prothèse de la
hanche). Le tableau clinique et radiographique est celui d'une
arthrose avec cependant une particularité : bilatéralité
dans les cas intéressant le membre inférieur.
LESIONS TENDINEUSES :
Les enthésopathies (lésions des points d'insertion) regroupent
la pathologie d'insertion du tendon et la pathologie de l'os
sous-jacent (fractures de fatigue, micro fractures) . Les enthésopathies
correspondent à un vieillissement naturel se manifestant par une
ossification intra-tendineuse ou intra-ligamentaire ou des
micro-ruptures des faisceaux tendineux confirmées histologiquement
(tendinite calcifiée). Les péritendinites est un épaississement
de la gaine tendineuse provoquant un conflit lors du glissement du
tendon à l'intérieur de cette gaine, l'exemple de cette péritendinite
la ténosynovite responsable du syndrome du canal carpien.
LESIONS MUSCULAIRES
(syndrome de loge) : Le syndrome de loge est
l'augmentation de pression dans un espace compromettant la
circulation située à l'intérieur de cet espace. Le syndrome de
loge aigu est une urgence chirurgicale afin d'éviter la nécrose
des muscles ou des structures lésées.
Lésions nerveuses et
vasculaire : syndrome de canal carpien. Les atteintes les plus
fréquemment rencontrées sont le nerf cubital au coude chez le
lanceur et le nerf tibial postérieur, en rétro malléolaire chez
le footballeur, patineur, pianiste, etc. Le diagnostic repose sur la
clinique mais également sur les examens complémentaires (vitesse
de conduction) pratiqués au repos et après effort. Le traitement
repose le plus souvent chirurgical .
LESIONS MICROTRUAMATIQUES
SPECIFIQUES DE LA MAIN CHEZ LES MUSICIENS
Les troubles de la main sont fréquents,
atteignent 60% des instrumentistes à cordes. Le musicien amateur,
doit être considéré, par le corps médical comme un sportif de
haut niveau avec les même risques. Sa passion de la musique peut
imposer à ses mains une demande excessive, utilisation intensive,
mauvaises postures.
TENDINITES ET
TENOSYNOVITES:
Elles sont dues à de micro-traumatismes secondaires à des efforts
intenses, rapides, répétés (overuse) Cette pathologie est
similaire à celle des tendinites des sportifs : tendinites des
extenseurs, des fléchisseurs des doigts chez les pianistes et les
violonistes ; chez ces derniers, I'épicondylalgie (douleurs de la
partie externe du coude est fréquente). Dans ce même cadre de
pathologie tendineuse, il faut aussi signaler la subluxation
(micro-déchirures) des tendons extenseurs à la base du quatrième
et du cinquième doigt au niveau de la métacarpo-phalangienne.
LES SYNDROMES DE COMPRESSION
NERVEUSE
Ils se traduisent par des
troubles de la sensibilité, avec paresthésies (fourmillements) des
doigts. La compression du nerf médian au niveau du canal carpien
peut se voir chez le pianiste, le violoniste et les joueurs
d'instruments à vent, celles du nerf cubital au coude, du plexus
brachial et des vaisseaux à la base du cou chez le violoniste. Ils
sont dus à des défauts d'attitudes (flexion exagérée du poignet)
ou à une hypertrophie musculaire. Ces compressions nerveuses réagissent
bien au repos, à la correction de l'attitude, au traitement par
anti-inflammatoires. Un geste chirurgical doit être envisagé pour
traiter le syndrome du canal carpien.
PATHOLOGIE ARTICULAIRE
La douleur trapézo-métacarpienne
à la base du pouce pouvant être le premier signe d'une arthrose révélée
ou déclenchée par la pratique instrumentale. Elle se voit chez le
pianiste (le rôle du pouce est important) et chez le violoniste
(mauvaise tenue du violon, le pouce étant mal positionné) .
CONCLUSION :
Devant
un cas de surmenage sportif ou musical, Il est impératif de
respecter la règle de la non-douleur en diminuant l'activité
sportive ou musicale. Le traitement des lésions micro traumatiques,
médical ou chirurgical doit être adapté aux patients :
sportif jeune, en bonne santé, mais fragile psychologiquement,
musicien anxieux ). Le traitement médical s'adresse des sujets
ayant une licence sportive (13 à 15 millions de licenciés en
France). Certaines substances antalgiques, diurétiques sont
interdites sous peine de positiver des contrôles antidopage. Ces
pathologies chez les sportifs et les musiciens nécessitent des
consultations spécialisées pluridisciplinaires (chirurgiens, rééducateurs,
psychologues et professeurs de musique, entraîneurs sportifs). Le
dialogue entre le corps médical et les professionnels (musique,
sport) permet d'améliorer le traitement et prendre son le rôle
dans la prévention scolaire (écoles, conservatoires de musique) et
sportives (clubs, fédérations) .
Références :
- 1- CATONNE Y, SAILLANT G EDS - Lésions
traumatiques des tendons chez le sportif. - Paris : Masson Editeur,
1992
- 2- STANISH W D - Overuse injuries in
athletes : a perspective. - Med. Sci. Sports Exer., 1984; 16,1-17.
- 3- SAILLANT G, NOAT M, BENAZET JP,
ROY CAMILLE R - Les fractures de fatigue du scaphoïde tarsien. - Rev.
Chir. Orthop., 1992; 78, 566-73.
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