Deux Prozacs pour Hamlet ?? -3-

18/06/2009

Notre Approche médicale : Hamlet est dépressif aigu

Sans ce délai, cette hésitation, la pièce de théâtre n’a aucune existence. Aucune étude sur Hamlet ne peut échapper à cette question relative à l’unicité de signification de la théorie et la pratique.

Il est indéniable que Shakespeare avait crée ce délai indispensable pour le mécanisme théâtral, indispensable pour la crédibilité psychologique de ce personnage tourmenté. En revoyant la littérature, on peut trouver de nombreuses explications proposées pour cette hésitation de Hamlet mais aucune idée consensuelle n’a été admise.

Bradley, il y a presque un siècle, a émis l’idée que l’irrésolution légendaire de Hamlet était une mélancolie profonde ( dépression profonde ). Bradley conseillait les lecteurs de lire les livres de psychiatrie traitant la mélancolie pour comprendre cette pièce (1)

On peut distinguer dans les caractère de ce personnage certains signes d’un trouble dépressif aigu : humeur triste, ahédonisme, pensées négatives, et une nette baisse d’énergie (2). Dans la pièce (3 ) dès le premier discours, Hamlet fait une déclaration publique de sa mélancolie. Si on tente de affiner ce diagnostic, on peut détecter un personnage pouvant être affecté par un trouble dépressif aigu avec des traits obsessionnels, incapable de porter sa lourde responsabilité. Bien sur, à cette époque, le trouble dépressif n’était pas encore conceptualisé. Shakespeare aurait vu probablement la mélancolie de Hamlet comme un défaut du caractère.


Il parle de son ahédonisme , son manque de désir a ses amis Rosencrantz et Guildenstern. Il exprime fréquemment des pensées négatives et pessimistes. Il qualifie le Danemark d’une prison, le monde aussi .

HAMLET. - Le Danemark est une prison.

ROSENCRANTZ. - Alors le monde en est une aussi.

HAMLET. - Une vaste prison, dans laquelle il y a beaucoup de cellules, de cachots et de donjons. Le Danemark est un des pires. (I.ii)

Plus tard il insiste :

HAMLET. J’ai depuis peu, je ne sais pourquoi, perdu toute ma gaieté, renoncé à tous mes exercices accoutumés ; et, vraiment, tout pèse si lourdement à mon humeur, que la terre, cette belle création, me semble un promontoire stérile. (I.ii)

Dans la scène du fossoyeur il pense à la mortalité humaine, à ses mauvais rêves (II.ii) . Il pense à la mort et au suicide. (I.ii.) Il montre une mauvaise estime de soi en découvrant son incapacité à réaliser les tâches imposées par le fantôme de son père, et exprime sa culpabilité à son échec d’agir.

l’Indécision est un trait de trouble dépressif obsessionnel ( 5,6, 7 ). Sa rumination obsessionnelle a provoquée ou aggravé sa dépression. Il rumine sur son échec à faire ce qu’il devait faire (8) Il peut prendre une décision mais il ne peut pas décider de mettre la décision en action..

De nombreuses études publiées vont dans le même sens que notre approche, Nous pouvons citer l’étude de John F. Burnum, MD, publiée dans le journal Annal of internal medecine (March 1997, Vol 126, Issue 5, 412-414) sous le titre : A Physician’s Hamlet .

Critiques de cette thèse :

Notre thèse va dans le sens de nombreuses études relatives à la dépression de Hamlet. Shakespeare a écrit une pièce de théâtre et non pas un cas clinique. Les besoins du drame empêchent une description détaillée permettant de saisir les motivations exactes de Hamlet. On peut penser que ce prince est affecté d’une dépression aiguë agissant sur son comportement . Suivant cette piste, on sera obligé d’admettre que la dépression supposée de Hamlet est sévère, accompagnée d’irritabilité et d’hostilité. Mais l’agitation dépressive s’accompagne d’un désespoir apathique (10) comme on voit dans certains comportements antisociaux ou délinquants (11)

Une autre approche (12) considère que la maladie dépressive associée à des symptômes obsessionnels peut être caractérisée par agitation et hyper activité (13). Comment la maladie dépressive pourrait inhiber l’action. ??? Hamlet, agit - il par impulsion plus que par raisonnement ??

Hamlet fait deux tentatives pour tuer son oncle le roi Claudius. La première fois, en entendant un cri demandant l’aide à travers le rideau. (III.iv.32) . Il réussi la seconde fois avec l’épée empoisonné. Cependant, en tuant Claudius, il dit: ” Maintenant je l’ai fait » (III.iii.73) et commence à ruminer et à discuter la validité de son action. Hamlet est capable d’une réaction immédiate, mais une fois il commence à réfléchir au projet de tuer Claudius, il devient irrésolu.

Le caractère de Hamlet montre un modèle de comportement que nous pouvons reconnaître aujourd’hui comme symptomatique d’un trouble dépressif aigu. Cependant, Hamlet est une pièce de théâtre, et mérite d’être comprise dans la lumière du drame dans son ensemble.

Autres thèses disponibles pour expliquer la vengeance ajournée

A travers une rapide revue sélective de la littérature, il est possible de voir que la simplicité d’une seule approche, bien que séduisante, ne peut être satisfaisante.

Obstacles et difficultés

En lisant la pièce, on peut dire que son délai était justifié. Les obstacles à son enquête sont inhérents à son caractère mais aussi aux circonstances. On a dit que le délai de Hamlet est dû à quelque problème de caractère (24). Le côté sombre et dépressif ne peut être ignoré. Les périodes de réflexion sont composées de mélancolie. Hamlet ne pouvait pas agir facilement, son ennemi est tout simplement le roi et sa vengeance pourraient détruire l’ordre social (28).

Incertitude

Il est incertain de la culpabilité de Claudius. (29). Chercher les preuves, créer des pièces de théâtre pour forcer l’aveu. Nous, spectateurs, nous savons que Claudius est coupable; les raisins de certitude seront suspendus à notre portée durant la pièce mais Hamlet ne les aperçoit pas.

Conflit d’Intérêt

Hamlet redoutait la contradiction entre son désir pour le trône et son devoir de venger son père. Hamlet veut le roi mort et le trône serait sien, ” lit royal de Danemark, soyez un divan pour luxe et condamne l’inceste “. Sert - il la justice divine ou une soif de pouvoir personnel (30)? Le fantôme peut être un esprit bon mais aussi un esprit démoniaque, un diable qui abuse, qui condamne.

Transformation et mutation

Dans une volte-face surprenante, Hamlet revient de sa croisière transformé. Il a décidé que c’est la prérogative de ciel, pas le sienne , de déterminer la culpabilité et le destin du roi. « Il y a une divinité qui façonne nos fins.» Cette vision a évolué dans son esprit au moment où il a tué Polonius (le ” ciel l’a voulu donc…”) et a été consolidée par sa survie miraculeuse durant le voyage. Soulagé du fardeau de prise de décision, Hamlet retrouve sa gaieté. Le roi ne mourra pas pour un médiocre gain personnel, ni parce qu’il est coupable, mais parce que ce roi a ajouté un autre ace criminel à sa liste en empoisonnant le vin de Hamlet (31).

Doute et moral

Si on pense à cette pièce de théâtre comme exploration de doute moral, le thème persistant de Hamlet est la culpabilité au sujet de sa propre inaction, et non pas au sujet de la culpabilité de son oncle Claudius. La moralité de vengeance privée n’est pas en question. Hamlet n’exprime jamais des scrupules moraux contre ce principe. Il affirme même que la mort de Rosencrantz et Guildenstern n’affecte pas sa conscience. (V.ii.58)

Pourquoi ne pas voir Hamlet comme un idéaliste sensible, indécis, incapable de meurtre ? Son chagrin est profond et prolongé et il a déjà des pensées suicidaires, avant qu’il apprenne que son père a été assassiné. Il est aussi capable de meurtre. Il est violent à maintes reprises, et brutal. Il tue avec son épée deux fois et envoie deux amis à leurs tombes.

Quelques-uns aiment voir la pièce de théâtre dans une lumière existentielle. Nous sommes condamnés à la liberté de nos choix, sans conseil et sans expérience.

Une autre possibilité. Hamlet est « fou » et donc atteint d’une maladie psychotique. Il est furieux et prétend le contraire . Shakespeare a représenté la folie dans le roi Lear (16). Le comportement de Hamlet rejoint épisodiquement la folie dans le sens populaire du terme (furie), cependant, les déchaînements soudains de Hamlet demeurent inexplicables selon cette approche .

Approche psychanalytique

Ernest Jones a donné une interprétation psychanalytique intéressante, à savoir que le problème de Hamlet était un complexe d’Œdipe. Ce souhait de l’enfant de tuer son père, et s’emparer de la mère a empêché Hamlet de tuer l’homme (17) qui était devenu l’époux de sa mère. (18) L’attitude de Hamlet vers son père est imprégné d’amour et d’admiration et sans rivalité. Pouvons nous penser que son horreur du remariage hâtif de sa mère est un ressentiment d’adolescent ou le dégoût d’un crime ? Son dégoût de la sexualité s ‘étend aussi sur Ophélia.

Rôle de la maladie

Une question essentielle s’impose : quelle est le rôle de cette proposée « maladie de Hamlet » dans la pièce ?

Sans cette vengeance ajournée, la pièce perd sa tension dramatique. D’un autre côté, le théâtre de Shakespeare est riche de «messages non livrés» comme dans Roméo et Juliette. La maladie n’est elle pas un bon sujet pour le drame ? Les Fantômes d’Ibsen ne jouent- ils pas le même rôle ? La maladie ne fait -elle pas partie de la signification de cette pièce en jouant un rôle structurel explicite. Pour comprendre la pièce, nous devrions comprendre l’existence de la maladie aussi .

Rapide revue de la littérature

Approche Jungienne

Oakes, Elizabeth. “Polonius, the Man Behind the Arras: A Jungian Study.” New Essays on Hamlet. Ed. Mark Thornton Burnett and John Manning. Hamlet Collection 1. New York: AMS, 1994. 103-16.

Dans cette étude, Polonius “vieil homme sage, et bouc émissaire” est sacrifié. La scène du placard mortelle confirme le statut de Polonius comme « bouc émissaire ». Polonius est pris pour le Roi. La renaissance de Hamlet se produit en mer, existence de l’eau un élément symbolique du symbole de la mère chez Jung. Le retour de Hamlet au Danemark marque un changement dans ses priorités, du “personnel au collectif “. La mort de Hamlet est un mouvements qui passe du collectif vers le spirituel.

Porterfield, Sally F. “Oh Dad, Poor Dad: The Universal Disappointment of Imperfect Parents in Hamlet.” Jung’s Advice to the Players: A Jungian Reading of Shakespeare’s Problem Plays. Drama and Theatre Studies 57. Westport: Greenwood P, 1994. 72-98.

L’approche Jungienne peut lire l’expérience universelle de Hamlet dans la découverte parentale. La mort du ” bon père ” et le remariage transforment la ” bonne mère ” en un être sexuel. Hamlet se débrouille avec le bouleversement psychologique en régressant vers des comportements moins adulte que son âge. Horace devient le ” moi ” pour Hamlet, ” l’homme idéal qu’il devait devenir, ” et Fortinbras offre une autre forme du ” moi,” ” l’homme d’action qu’il faut imiter. Cces deux emblèmes du moi fondent dans la dernière scène. Mais la progression de Hamlet vers l’intégration de ces deux moi semble difficile, s’alternant entre dépression et folie. Hamlet n’a pas pu éviter la violence, mais il nous donne courage, génération après génération, pour tenter l’idéal, pour dépasser les réalités presque insupportables que la vie nous impose.

Approche féministe

Bergoffen, Debra B. “Mourning, Woman, and the Phallus: Lacan’s Hamlet.” Cultural Semiosis: Tracing the Signifier. Ed. Hugh J. Silverman. Continental Philosophy VI. New York: Routledge, 1998. 140-53.

Cet article de 1998 suggère que Gertrude démontre “la complicité du chemin de la femme dans l’ordre patriarcal. La femme qui pleure, voilà une image bien connue, mais Gertrude refait noce à la place de pleurer et de respecter ses rituels; son mariage à Claudius « viole le père » et viole l’héritage du fils. Hamlet, mâle dans une société patriarcale ne peut pas exécuter le “acte social” de deuil, et fils commence le processus de réinsérer sa mère dans l’ordre patriarcal. Gertrude morte, libère Hamlet qui fera sa vengeance. “En l’absence de femmes, le Danemark vie sous la règle de son ennemi. Fortinbras

En refusant le deuil, Gertrude détruit la loi patriarcale momentanément , c’est une femme qui ne pleure pas.

Approche selon étude du genre

Dane, Gabrielle. “Reading Ophelia’s Madness.” Exemplaria 10 (1998): 405-23.

Cet article essaie de répondre la question importante : comment lire la folie d’Ophélia. Ophelia paraît initialement “façonné pour se conformer aux demandes externes et refléter les désirs des autres. Les messages masculins endommagent l’identité psychologique d’Ophelia, leur absence soudaine provoque destruction mentale. la folie d’Ophelia offre la capacité de parole, l’occasion de découvrir l’identité individuelle, et le pouvoir de saper l’autorité verbalement. Les mots suggèrent encore « un moi » fragmenté fournissent aux autres l’occasion de manipuler les significations.

Approche selon les études sur la masculinité

Dews, C. L. Barney. “Gender Tragedies: East Texas Cockfighting and Hamlet.” Journal of Men’s Studies 2 (1994): 253-67.

Le modèle idéal de la masculinité de Hamlet est son père. Hamlet semble avoir une « place ambivalente, » suspendu entre le masculin et féminin. L’endoctrinement de Claudius , la chasteté féminine problématique de Gertrude et d’Ophelia délivre des messages incompatibles à Hamlet. Son “défaut tragique” paraît “son incapacité à réconcilier les messages mélangés qu’il reçoit concernant le genre et le rôle du genre. Ce conflit et le manque de choix paraissent abrégés dans la dernière scène, quand Horace et Fortinbras décrivent le Hamlet mort dans des termes de genre différents. Hamlet présente l’ambivalence, le dilemme de comment ” réconcilier le masculin et le féminin dans une seule personnalité” un dilemme que les hommes font face encore aujourd’hui avec une pénible souffrance .

Approche freudienne

Díaz de Chumaceiro, Cora L. “Hamlet in Freud’s Thoughts: Reinterpretations in the Psychoanalytic Literature.” Journal of Poetry Therapy 11.3 (1998): 139-53.

Cet article présente un point de vue psychanalytique Freudien . Bien que l’intérêt de Freud pour Hamlet ait commencé dès son jeune âge, ses lettres à Wilhelm Fliess révèlent que ce drame de Shakespeare a joué un rôle clé pour aider Freud à vaincre ses propres craintes au sujet de ses futures théorie relatives à la névrose. Les correspondances montrent aussi une association préliminaire entre Hamlet et le complexe d’Œdipe qui sera développé par Freud dans Interprétation de Rêves. Plusieurs publications de Jones, Steiner, Winnicott, Lacan, Green, Barzilai, Jacobson, Goldberg, Celidonio, Bayard, Paris, Frattaroli, Rand tentent de tracer un lien entre Hamlet et le complexe d’oedipe décrit par Freud .

Approche Lacancienne et intertextuelle

Julia Reinhard and Kenneth Reinhard. After Oedipus: Shakespeare in Psychoanalysis. Ithaca: Cornell U P, 1993.

Ce livre publié en 1993 ( non traduit en français selon notre connaissance) discute la psychanalyse de la tragédie . L’Introduction discute ” la conceptualisation de l’objet dans le discours Lacanien: l’objet de désir, l’objet dans le désir, l’objet comme cause de désir “. Hamlet est discuté comme ‘objet littéraire dans la psychanalyse, sujet, thématique, et image de soi-même. La mélancolie de Hamlet correspond selon cette étude à la théorie de la tragédie de tragédie. D’autre part ce livre assure un travail psychanalytique d’interprétation de la de la mélacolie , une approche intertextuelle qui comprend Hamlet dans Freud et Lacan . Ce livre dans sa seconde partie traite le Roi Lear , interprétation psychanalytique, et construction psychanalytique aussi.

Approche cognitive et comportementale

Morin, Gertrude. “Depression and Negative Thinking: A Cognitive Approach to Hamlet.” Mosaic 25.1 (1992): 1-12.

Cet article utiliser l’approche de comportement cognitif pour démontrer que Hamlet est le portrait d’un torturé, d’un jeune homme déprimé qui se perd le labyrinthe de ses pensées négatives et refuser l’idée freudienne que Hamlet est une victime de l’inconscient.

Hamlet réagit à la perte de son père et au remariage hâtif de sa mère en agissant d’une façon négative. Ses monologues révèlent des exemples des “erreur de la logique cognitive qui le mène à renforce sa vision négative et dépressive. Sa fascination de la mort reflète “abstraction sélective,” et « absolutiste », une pensée dichotome. Il souffre d’un trouble cognitif , d’une “sur-généralisation” quand il juge les défauts de ce Gertrude et étend sa vision sur toutes les femmes; une éduction arbitraire. Les auto-critiques de Hamlet incluent “grossissement et minimisation”, “étiquetage inexact”. D’après cette approche, la personne déprimée “pense lui meme » d’une façon dépirmée. Pendant que les études littéraires peuvent bénéficier des nouvelles perspicacités de recherche cognitif behavioriste, l’espoir simultané est que les psychologues, chercheurs, et malades peuvent bénéficier de lire le Hameau (11).

Science, médecine et humanité ; l’indispensable alliance

Cette pièce soulève bien des questions. Toute personne hésite avant d’agir, la différence entre vengeance privée et justice publique demeure l’un des questions fondamentales dans la pensées judiciaire. Les jeunes hommes peuvent avoir des problèmes pour accepter la sexualité de leurs mères.

Hamlet c’est l’irrésolution mélancolique, comme note Bradley (1) Le héros tragique a des qualités que nous pouvons admirer et un défaut que nous pouvons comprendre, donc son destin engage nos émotions.

Les sciences humaines sont un outil précieux pour comprendre l’humain, pour aller au delà de l’anatomie, de la cellule et des images radiologiques. Sans les sciences humaines, la souffrance humaine n’a pas de réalité tangible.

Cependant, dans cette alliance utile, la méthodologie est problématique. Il existe une tendance de facilité, encouragée par les progrès scientifiques et médicaux attribuant à la médecine une perspicacité implicite capable d’éclairer certains comportements. Ces approches encouragées actuellement par une déferlante vague de psychologie ne peuvent que réduire notre lecture de la pièce de Hamlet comme d’autres oeuvres à ses limites les plus réduites, les plus simplistes.

Il est possible donc d’interpréter le comportement de Hamlet de cette façon au risque de l’isoler, de le sortir de la pièce, et donc de son environnement naturel. De même que l’approche psychologique ou l’interprétation Freudienne.

Personne ne peut convaincre un spectateur de ne pas utiliser les outils de Freud pour interpréter relations père - fils qui fondent le socle dramatique de la pièce ; Hamlet et son père, Ophélia avec le sien, et Fortinbras avec le sien. Quel que soit les défaillances d’une analyse Freudienne, elle peut explorer le caractère de Hamlet d’une façon utile. En conclusion nous sommes invités à comprendre le personnage dans son environnement et cela peut être la base même de toute approche de la santé mentale en générale. C’est l’approche développée par Derek Russell. Cette approche est différente de la simple lecture freudienne, ou psychologique, ou marxiste. Une approche adéquate pour expliquer le comportement est défini dans son contexte, le rôle de ce contexte dans la relation d’une personne vers une autre ou sur le système de relations dans sa globalité. (4)

L’approche qui tente de voir le comportement dessiné par les dramaturges de génie comme un résultat d’un contexte global à l’avantage de nous rappeler que le théâtre est un contexte, et que le drame peut servir à saisir la signification de ce contexte.

La médecine devrait trouver ses limites là ou l’humain n’est plus un organe mais une pensée , un sentiment, un être dans un contexte. Les sciences humaines devraient intégrer dans ses approches certaines vérités scientifiques. Les sciences humaines seraient ont bien inspirées de comprendre l’approche scientifique afin de ne pas répéter les célèbres erreurs grossières de certains.

Une lecture simpliste de la pièce peut réduire Hamlet à un problème de succession politique, ou à un problème de trouble dépressif aigu. Ce sera la triomphe de la médecine dans une société scientifiste et médicalisée où « vivre devient plus important que bien vivre. » (J.J. Rousseau : Emile, P 378-379 )

Epilogue

A l’époque de Shakespeare , la société anglaise était peu sophistiquée, alors il choisit un royaume afin de rendre plausible son histoire. Aujourd’hui , les choses ont bien changé. Dans une société évoluée comme la notre, toute décision devient problématique, difficile, et coûteuse.

En effet, Hamlet dépense la plupart de la pièce à vaciller, organiser, et à ajourner ses décisions. Aucun médecin par exemple ne peut critiquer Hamlet sur ce point. Chaque médecin est un Hamlet. En face de la responsabilité médicale, l’incertitude et le danger, la décision médicale devient parfois un dilemme. Combien de médecins tombent-ils dans une dépression aiguë avant de prendre la difficile décision ?

Aucun chercheur ou travailleur en science humaine ne peut échapper à ce syndrome de Hamlet. Aucun professeur, aucun avocat, aucun juge. Nous sommes un peu Hamlet, chacun dans sa vie ; l’affaiblissement des liens sociaux nous prive de protection, nos croyances n’apaisent plus nos craintes, notre vie quotidienne est parsemé d’incertitude. Si notre irrésolution mélancolique n’a pas la panache et la poésie de celle de Hamlet, nous avons la souffrance de l’hésitation , la difficulté de choisir.

On idéalise Hamlet quand on est jeune, puis on le critique pour le comprendre un jour, ou pour se réconcilier avec nos propres fragilités. Théâtre miroir ??? Le Prozac aurait - il pas apaisé Hamlet ? La chirurgie esthétique n’aurait pas calmé Cyrano, non plus. Le Syndrome de Hamlet n’est pas médical mais humain, c’est l’humain dans son contexte.

Dans chacun d’entre nous, il y a Hamlet le justicier, le roi gouverné par l’ambition de célébrité et de richesse. La mélancolie d’une irrésolution mérite d’être comprise. Après inactivité prolongée, Hamlet fait face aux problèmes essentiels : vie, mort. Dès ce moment, son action devient rapide et décisive.

Hamlet n’était pas un grand homme ??? Un irrésolu ? Mais comme dit Fortinbras dans la dernière parole, il était plutôt une capacité, mais sans accomplissement, faute d’occasion.

FORTINBRAS. - Que quatre capitaines portent Hamlet, comme un combattant, sur l’estrade ; car, probablement, s’il eût été mis à l’épreuve, c’eût été un grand roi!

Agir inutilement est aussi problématique que ne pas agir de tout. Ne faut il pas recommander ce « délai Hameltien ” à chacun d’entre nous ? Combien de personnes seront de grands rois si l’occasion se présente ? Offrons à chacun sa chance.

Référence

  • 1- Bradley AC. Shakespearean tragedy [2nd ed]. New York: St Martin’s Press, 1924: 121.
  • 2- Beck P. Symptoms and assessment of depression. In: Paykel ES, ed. Handbook of affective disorders (2nd ed). Edinburgh: Churchill Livingstone, 1997: 3-13.
  • 3 - Textual references and quotations are from Jenkins H, ed. Hamlet. The Arden Shakespeare. London: Methuen, 1982.
  • 4- Lewis G, Wessely S. The neurotic disorders. In: Murray R, Hill P, McGuffin P, eds. The essentials of postgraduate psychiatry. Cambridge: Cambridge University Press, 1997: 310-44.
  • 5- Beck AT. Depressive neurosis. In: Arieti S, ed. American handbook of psychiatry vol 3, [2nd ed]. New York: Basic Books Inc, 1974: 61-91.
  • 6- Rado S. Obsessive behavior. reference 4: 195-223
  • 7- Sims A, Owens D. Psychiatry [6th ed]. London: Bailliere Tindall, 1993: 41.
  • 8- Reed GF. Some formal qualities of obsessional thinking. Psychiatric Clinics 1968;I:382-92.
  • 9- Sim M. Guide to psychiatry [3rd ed]. Edinburgh: Churchill Livingstone, 1974: 534-5.
  • 10- Parry-Jones WL. Depression in adolescence. In: Herbst KR, Paykel ES, eds. Depression: an integrative approach. Oxford: Heinemann Medical Books, 1989: 111-23.
  • 11 - reference 6: 38-9.
  • 12- Dover Wilson J, ed. Hamlet. Cambridge: Cambridge University Press, 1971: xlvii.
  • 13- Beech HR, Liddell A. Decision-making, mood states and ritualistic behaviour among obsessional patients. In: Beech HR, ed. Obsessional states. London: Methuen, 1974: 143-60.
  • 14- reference 3: 395.
  • 15 - reference 1: 97-104.
  • 16- Dalby JT. Elizabethan madness: on London’s stage. Psychological Reports 1997;81:1331-43.
  • 17- Jones E. Hamlet and Oedipus. New York: W M Norton, 1949.
  • 18- Guy J. The Tudor age. In: Morgan KO, ed. The Oxford illustrated history of Britain. Oxford: Oxford University Press, 1984: 245-6.
  • 19- Jenkins H, ed. Hamlet. London: Methuen, 1982: 136.
  • 20- Shaw AB. Depressive illness delayed Hamlet’s revenge. Medical Humanities 2002;28:92-4.
  • 21- Jones E. Hamlet and Oedipus. New York: WM Norton, 1949.
  • 22- Davis DR. Scenes of madness: a psychiatrist at the theatre. London: Routledge, 1995: 2.
  • 23- Wilson JD. What Happens in Hamlet. Cambridge, UK: Cambridge Univ Pr; 1956:200-1.
  • 24- Bynum WF, Neve M. Hamlet on the couch. In: Bynum WF, Porter R, Shepherd M, eds. The Anatomy of Madness: Essays in the History of Psychiatry. New York: Tavistock Publications; 1985:289-304.
  • 25- Levin H. Interrogation, doubt, irony: thesis, antithesis, synthesis. In: Bevington D, ed. Twentieth Century Interpretations of Hamlet: A Collection of Critical Essays. Englewood Cliffs, NJ: Prentice-Hall; 1968:73.
  • 26- Braddy H. Hamlet’s Wounded Name. 2d ed. Amsterdam: Rodopi NV; 1974:1-5.
  • 27- Gottschalk P. The Meanings of Hamlet. Modes of Literary Interpretation since Bradley. Albuquerque, NM: Univ of New Mexico Pr; 1972:25.
  • 28- Wilson JD. What Happens in Hamlet. Cambridge, UK: Cambridge Univ Pr; 1956:49.
  • 29- Gottschalk P. The Meanings of Hamlet. Modes of Literary Interpretation since Bradley. Albuquerque, NM: Univ of New Mexico Pr; 1972:142-8.
  • 30- Shakespeare W. The Tragedy of Hamlet Prince of Denmark. Boston: Ginn; 1939:204.
  • 31- Bertram J. The theme. In: Bevington D, ed. Twentieth Century Interpretations of Hamlet: A Collection of Critical Essays. Englewood Cliffs, NJ: Prentice-Hall; 1968:93-103
Author: Claude

Deux Prozacs pour Hamlet ?? -2-

18/06/2009

Hamlet, la pièce

Hamlet c’est l’irrésolution mélancolique, comme note Bradley (1) .

La pièce de théâtre ouvre avec Hamlet, Prince de Danemark, en deuil pour la mort de son père, et rancunier de l’acquisition rapide de Claudius du trône de son père mais aussi de la femme et de la mère. Les sentiments de Hamlet sont additionnés dans la célèbre expression : ‘ il y a quelques choses de pourri dans le royaume de Danemark “. Hamlet est bientôt confronté au fantôme de son père qui confirme ses soupçons. Claudius, l’oncle de Hamlet a assassiné le père roi. Hamlet devient furieux, et commence ses hésitations (23-27).

Dans la troisième scène, le fantôme du père demande à Hamlet de venger son meurtre. Dans la dernière scène, Hamlet vengera. Mais son hésitation et son indécision vont causer sept morts inutiles : sa mère, Ophélia, le père et le frère d’ Ophélia, et deux étudiants compagnons.

La litanie des preuves contre Claudius grandit. Rosencrantz et Guildenstern, pourtant amis de Hamlet le trahissent et l’espionnent. Hamlet repousse l ‘amour d’Ophélia; elle meurt noyée.

En critiquant sa mère Gertrude pour son deuxième mariage inconvenant, Hamlet entend un bruit derrière le rideau. Sans réfléchir il poignarde. Polonius est mort par erreur. Pendant que Hamlet est en arrestation, Claudius l’envoie en Angleterre et s’ arrange pour l’exécuter à son arrivée. Prenant le plan comme un signe de la culpabilité du roi, Hamlet découvre l’intrigue et fuit. Laertes, furieux de la mort de sa soeur joint le roi dans une intrigue pour tuer Hamlet par une tasse de vin empoisonné. La traîtrise de Claudius est exposée. Avec retard, Hamlet tue Claudius.

Les thèmes de la pièces

La recherche des thèmes dans une pièce de théâtre est une lecture en soi. Nous citons les thèmes les plus étudiés et les plus mentionnés dans les études publiées.

La souillure : le mariage comme sacrement; remariage. Hamlet voit sa mère comme un objet de désir qui a besoin d’assouvir ses désirs sexuels. Il a des pensées incestueuses qui le rendent malheureux et n’ose pas en parler à son meilleur ami Horatio. Il a une attirance sexuelle pour sa mère (complexe d’œdipe.).

L’amour dans le complexe d’oedipe : la femme problème : La pensée non chaste des sentiments pour sa mère lui renvoie une mauvaise image de son amour pour Ophélia. Le sexe féminin sera symbolisé par le jardin, Jardin ordonné puis abandonné. Ce jardin est livré ensuite à la mauvaise herbe ( le remariage avec l’oncle ).

Le dégoût de ce jardin entouré par la mauvaise herbe étouffe Hamlet, : sexualisation de la mère, caractère précipité du remariage. Ce dégoût ne permet pas à Hamlet d’aimer Ophélia.

Frustration de la mère : Hamlet orphelin, n’a plus l’amour de sa mère. Sa mère est pire qu’une bête privée de raison selon lui. Même un animal privé de raison respecte le deuil or elle ne l’a pas fait. Cette mère est par ailleurs complice pour priver Hamlet de son trône.

Révélation et fardeau : L’apparition du spectre bouleverse Hamlet. Hamlet se demande d’où peut provenir ce spectre. Créature du ciel ou de l’enfer. Hamlet doit se mépriser, il demande à ses nerfs de pas lâcher. Il révèle le passé. Peur du spectre ( créature du ciel ou de Satan) Transfiguré, pensée transformée. Le problème a atteint sa santé mentale. Il faut effacer tout le faux savoir pour y substituer le nouveau savoir.

Irrésolution : Hamlet déplore son irrésolution. Du temps s’est écoulé depuis l’apparition du spectre et Claudius est toujours vivant. Hamlet n’est pas sûr que le spectre soit son père, ça peut être le démon. Hamlet s’auto-accuse. Il n’a pas vengé son père, il dénie sa propre noblesse. Il se compare lui-même à un hypocrite et à un menteur et ça le trouble

L’amour pour Ophélia : Tolérance d’un monde pourrit. L’amour est sa raison de vivre, Pourra-t-il tenir dans ce monde injuste ?

Dégout et mauvaise estime de soi : Il se sent un fruit pourri, dégoût de son propre corps. Il voudrais fondre, il se sent coupable. La pensée non chaste des sentiments pour sa mère lui donne un mauvais aspect de son amour pour Ophélia. contradiction entre savant et soldat, l’aristocrate incertitude d’Hamlet.

Ah ! si cette chair trop solide pouvait se fondre, se dissoudre et se perdre en rosée ! Si l’Eternel n’avait pas dirigé ses canons contre le suicide !…

C’est un jardin de mauvaises herbes qui montent en graine ; une végétation fétide et grossière est tout ce qui l’occupe. Que les choses en soient venues là ! Depuis deux mois seulement qu’il est mort ! Non, non, pas même deux mois ! Un roi si excellent ; qui était à celui-ci ce qu’Hypénon est à un satyre ; si tendre pour ma mère qu’il ne voulait pas permettre aux vents du ciel d’atteindre trop rudement son visage !

Et pourtant ! Fragilité, ton nom est femme !

En un petit mois, avant d’avoir usé les souliers avec lesquels elle suivait le corps de mon pauvre père. Eh quoi ! elle, elle même! Une bête, qui n’a pas de réflexion, aurait gardé le deuil plus longtemps… Mariée avec mon oncle, le frère de mon père! En un mois ! Avant même que le sel de ses larmes menteuses eût cessé d’irriter ses yeux rougis,

elle s’est mariée ! ô ardeur criminelle ! courir avec une telle vivacité à des draps incestueux ! C’est une mauvaise action qui ne peut mener à rien de bon. Mais tais-toi, mon coeur ! car il faut que je retienne ma langue.

Scène II

Author: Claude

Deux Prozacs pour Hamlet ?? -1-

18/06/2009

Hamlet est le « citoyen danois » le plus connu de la terre. En sortant un jour du théâtre, un ami, à l’époque interne en chirurgie plastique, me dit en souriant : si Cyrano de Bergerac me consulte, je lui ferai un beau nez, et son problème sera résolu. Dix minutes, avant de descendre dans le métro , il se ravise : mais attends, ma médecine ne peut pas le soulager de l’amour de Roxane. Il a bien raison mon ami.

Hamlet, cette pièce, par sa majesté et sa profondeur a suscité une quantité notable d’étude. La bibliographie des études sur Hamlet dépasse le volume de l’annulaire téléphonique d’une ville comme Paris. Chaque phrase ou presque à été étudiée selon plusieurs angles. La médecine, et les humanités médicales ont participé à ces études aussi. Il est inconcevable de penser que Freud n’a passé des nuits à méditer sur cette pièce avant de théoriser le complexe d‘oedipe par exemple.

Dans la vague actuelle médicale, scientifique et psychologique, la médecine s’introduit dans le quotidien de chacun. La psychologie prétend expliquer et rationaliser nos comportements. Cette tendance peut être enrichissante et utile, mais le risque d’une vision partielle et simpliste est réelle. D’autre part, l’application des théories scientifiques en science humaines pose de nombreuses questions.

Nous allons discuter un point précis, celui de la vengeance de Hamlet. Cette vengeance si ajournée, si discutée. Nous allons tenter d’expliquer selon une approche médicale les raisons possibles de cet ajournement, de cette irrésolution. Puis démontrer l’insuffisance de notre approche et notre incapacité à analyser la pièce à la lumière d’une approche unique. Dans la deuxième moitié de cette étude, nous citons une rapide revue de la littérature montrant des approches similaires.

L’ambition de cette étude est de rappeler l’importance d’une approche complexe, pluridisciplinaires pour comprendre, analyser cette pièce , et pour éviter le risque d’une lecture simpliste ou erronée .

Author: Claude

Théodore Tronchin : médecin aimé des femmes

12/06/2009

Théodore Tronchin était apprécié par les femmes, son physique agréable contribuait sans doute aller charmer : il était grand, élégant, sa parole pleine de charme, Voltaire lui dédiait ces vers :

Sur son beau front, siège le doux propos

son nez  se romain, dès l’abord, en impose

ses yeux sont noires, ses lèvres sont de rose

Les patientes le consulter pour leur maladie et surtout pour leur vapeur, ces manifestations névrotiques bien répondues à l’époque.

Voltaire disait de lui

« il connaît l’âme, il est grand médecin »

Tronchin conseillait ses patientes de faire de l’exercice dès le matin, de ne pas rester longtemps dans le lit, de se promener à pied, en souliers plats. Il est ici célèbre ses conseils sont devenus des modes d’un on parlait à Paris de tronchine : mode de robe courte légère sans panier. Le verbe tronchiner fit son apparition dans le vocabulaire de l’époque.

Tronchin conseillait de ne pas calfeutrer les appartements, que l’air soit renouvelé dans les chambres des malades, de ne pas utiliser les perruques que trop chaudes, et surtout conseiller les femmes d’abandonner le corset.

Ces conseils d’hygiène s’appliquaient aussi sur les femmes enceintes, il conseillait les formes enceintes de marché de monter l’escalier de faire du sport de fortifier l’organisme pour augmenter ses capacités de résistance. C’était en vérité la méthode du docteur Tronchin.

Le courrier de Paris janvier 1767

« M. Tronchin fait toujours grand bruit. Sa méthode avec les femmes et toutes neuves, contraire à ce  qui s’observe en pareil cas. Ce médecin ne veut pas, quelque temps qu’il fasse, pilier du feu dans leurs cheminées, il fait même ouvrir les fenêtres de temps en temps pour renouveler l’ère. Il ne faut pas qu’on emmaillote les enfants. Le sieur Rousseau, son compatriote que est à cet égard du même avis »

À Genève, Tronchin a parmi la foule de ses célèbres clients, quelques clients d’une qualité exceptionnelle Voltaire et Jean-Jacques Rousseau. Voltaire apparaît à Genève pour s’y fixer en qualité de malades de temps en temps comme il le dit et c’est en jouant la comédie d’humour en qui ajuste son tombeau et doit se rapprocher du grand médecin. Voltaire consulte Tronchin en, celui-ci accordait ses soins . La relation entre ces deux personnes était étrange. Voltaire avait besoin du médecin mais plus encore de ces innombrables célèbres clients dont beaucoup sont fort bien placés pour l’aider mais Tronchin cela s’invite de ce client philosophe.

Rousseau ne croyait guère en la médecine. Tronchin en ne la soigna vraiment jamais. En mars un certain temps il fut son ami, et son confident lui il se la sa de ses idées de philosophe échangeant avec une lettre et finit par conclure à son irresponsabilité en disant il serait le plus qu’aucun des hommes s’il n’était le plus fou.

Difficile de tracer les liens entre Rousseau et Tronchin, certains disent que Tronchin s’était inspiré de l’Émile de Rousseau, la réalité confirme que ce médecin professé les mêmes idées avant la parution de ce livre. Cependant il est logique de penser que l’élan de conversations entre ces deux esprits ont influencé Tronchin et Rousseau.

À 57 ans, en 1766, Tronchin céda aux demandes répétées de duc d’Orléans, quitte à Genève pour s’installer à Paris au palais royal . Tronchin devint le médecin de duc d’Orléans,  accompagné d’un cuisinier et de trois laquais.

La dauphine tomba malade, il a soigna, et malgré les efforts de Tronchin, elle meurt atteinte de tuberculose.

Un an après Mme Tronchin tombée malade, disparaissait après un mariage de 27 ans. Tronchin disait de sa femme :

ma femme n’est pas parée de qualité, elle en est couverte.

Il mourait au palais royal le 30 novembre 1780.

Author: Claude

Théodore Tronchin : ses idées

12/06/2009

Théodore Tronchin critiquait fortement la médecine de son époque, ce qui a rendu les médecins parisiens hostiles, quand le médecin genevois répété à ses patients qu’il fallait boire de l’eau, les médecins parisiens ironisaient sur ce médecin préférant l’eau au vin.

En dépit de ces critiques, l’académie de chirurgie de Paris, le collège de médecine de Montpellier l’acceptèrent parmi leurs membres. Il devint ainsi associé étranger des Académie des sciences de Berlin, Édimbourg, Stockholm et Londres.

Tronchin était contre les médicaments de son époque contre les purgatifs et contre les saignées, en d’autres termes il était contre la médecine de son époque. Pour satisfaire une clientèle habituée à se nourrir de drogue, il recommandait la prise de trois pilules par jour et ses pulls n’étaient que de la mie de pain. L’idée centrale dans la pratique de Tronchin était l’hygiène : la diète, l’air pur, l’exercice le sport et les séjours à la campagne. Il préconisait pour les bébés l’allaitement maternel et blâmait comme le faisait Rousseau, l’habitude de Lise émail ôtée étroitement pour éviter le soi-disant les malformations.

Le régime alimentaire avait enrôlent aussi dans la pratique de docteur Tronchin, il disait par exemple :

les jours des gourmands son comptés

Parfois, il prescrivait un régime végétarien, ou des diètes lactées. L’eau fraîche était pour lui la plus saine des boissons. De temps en temps il reconnaissait qu’un bon vin eût constitué un excellent digestif.

Il prohibait le thé et le café, il les jugeait trop excitants.

Author: Claude

Théodore Tronchin : médecin célèbre et riche

12/06/2009

Théodore Tronchin (1709 - 1781) fut un médecin célèbre au XVIIIe siècle, un médecin apprécié aussi par les femmes. Ni en Suisse à Genève, il fait ses études en Hollande où il épouse une jeune fille Hélène de Witt.

Son père le destinait à la carrière ecclésiastique cependant Théodore commence ses études à l’académie de Genève oui repas pour l’Angleterre et décida enfin étudier la médecine. Il choisit être l’élève d’un médecin hollandais célèbre : Boerhaave.

En août 1730 il coiffe le bonnet de docteur. Il devient un médecin célèbre, on vient pour  le consulter de partout, ses collègues parmi les plus connus sollicite son avis. Il préside le collège des médecins d’Amsterdam. En 1754, à 45 ans Tronchin quittes Amsterdam en l’emportant avec lui qu’une douzaine de chemises et d’habits, et revint à Genève. À Genève sa clientèle fut aussi large que celle qu’il avait au Pays-Bas.

En Hollande, le Tronchin avait eu connaissance de la méthode préservation de variole rapportée de Turquie en Angleterre par lady Montagu. Il inoculait le vaccin à son fils aîné puis il a appliqué ce vaccin à de nombreux habitants de Genève.

En 1756, d’Orléans fait appel à lui pour inoculer ses deux enfants. À Paris son succès fut immense. En 1766, Tronchin vivait en France où régnait Louis XV. La clientèle de docteur Tronchin fut mondaine, riche, séduite par l’élégance et la compétence de ce médecin.

Médecin hygiéniste et naturiste, on garde de lui la citation suivante :

« la médecine ne marche à pas sûr qu’en marchant avec la nature ; s’il perd de vue, il s’égare, alors que cette bonne nature, qu’on respecte ici peu, se suffit presque toujours à elle-même »

Author: Claude

Nietzsche et la nudité

30/05/2009

«Certes si vous étiez des dieux, vous pourriez avoir honte de vos vêtements.»

Nietzsche

La pudeur serait donc selon Nietzsche le respect du sentiment de la beauté chez autrui. Si Vénus nue est parfaitement belle, Vénus est donc pudique.

Selon Nietzsche, comme la parfaite beauté est l’exception, le vêtement est la règle. Les gestes intimes de l’amour doivent demeurer intimes pour les mêmes raisons. S’ils enferment de la beauté, cette beauté n’existe dans sa plénitude que pour le regard des amants l’un vers l’autre. De manière analogue, les aveux précipités, les mystères objectivés sont une atteinte au sentiment de vérité, d’intégrité, d’authenticité que nous devons autant que possible inspirer à autrui.

Alors notre époque, sa nudité, ses tendances au dévoilement ?

Nietzsche se montre romantique et moral selon nos critères actuels. Il n’est pas celui qui nous invite à partager l’intimité avec n’importe qui, comme s’il voulait nous dire : seuls les dieux sont capables de se montrer nus, les humains ont besoin de protéger leur intimité.

Author: Claude

Allopathie ou Homéopathie

17/05/2009

C’est un film de 1992 , réalisé par Coline Serreau, interprété par Vincent Lindon, Patrick Timist , Zabou, et d’autres. La réalisatrice évoque avec talent les crises qui secouent la société française depuis les années 90: crise d’identité, crise du couple, et crise par rapport aux progrès.

En ce passage, la question de l’exercice de la médecine est posée avec justesse : prévention ou traitement ? Médicaments (allopathie) ou traitement plus naturel (Homeopathie), mais aussi le rôle du médecin dans une société matérialiste et consommatrice.

La réalisatrice pose des questions justes, ce qui a sans doute contribué à la réussite de ce film, sans pour autant nous imposer les réponses.

15 ans plus tard, les mêmes questions demeurent posées : quel est le rôle du médecin dans la société actuelle? nous avons fait sans doute beaucoup de progrès dans la prévention contre les maladies et contre les accidents depuis ces années-là, des messages de prévention contre l’abus du tabac, l’alcool, la vitesse sur la route, l’obésité, sont diffusés quotidiennement.

Cependant, l’équilibre n’est pas facile à trouver entre la liberté individuelle, la qualité de vie, et les conseils de prévention.

Author: Claude

Bernard Shaw et la condition humaine

12/05/2009
“Vous allez échouer si vous tentez de vivre éternellement.


George Bernard Shaw 1856-1950, Dramaturge Irlandais

Préface de “ on Doctors”, publié dans The Doctor’s Dilemma 1911

George Bernard Shaw nous rappelle cette simple vérité. Nous sommes mortels et rien ne peut modifier la condition humaine.

Mais que voulait-il dire par tenter de vivre éternellement. On peut comprendre cette phrase comme une invitation à prendre des risques dans la vie, de vivre pleinement son existence et de ne pas craindre la mort dans chacune de nos décisions. Tenter de vivre éternellement, ne signifie-t-il pas, un retrait par prudence, une hésitation par peur, et une recherche permanente d’une sécurité ? La prudence est sans doute une vertu, mais comment nomme-t-on le trop de prudence ?

D’autre part, la confirmation de la condition humaine comme un être mortel est une règle essentielle dans l’exercice de la médecine. Le médecin doit savoir qu’il ne pouvait pas modifier la condition humaine, il repousse la mort le plus tardivement possible, sans sombrer dans l’illusion de la vaincre.

Author: Claude

Bernard Shaw et la science

12/05/2009
“Il y a quelque chose qui cloche avec la science, elle ne règle jamais un problème sans en créer dix autres. ”
George Bernard Shaw 1856-1950, Dramaturge Irlandais

Préface de “ on Doctors”, publié dans The Doctor’s Dilemma 1911

George Bernard Shaw ne se trompe pas dans cette phrase ; la science peut régler un certain nombre de problèmes, découvrant en passage d’autres problèmes, et créant parfois d’autres problème.

La recherche scientifique n’est pas toujours un chemin linéaire tracé d’avance, elle peut faire des découvertes inattendues, sans lien avec le but recherché. De nombreuses découvertes en médecine ont été le fruit du hasard, ce voyage qu’on peut nommer la recherche scientifique. Cependant pour pouvoir rencontrer ses hasards, les chercheurs devraient être attentifs et réceptifs. Ainsi la médecine a découvert les antibiotiques, les rayons X et d’autres.

Quand Marie et Pierre Curie découvre la radioactivité, ils avancent la recherche scientifique, la connaissance humaine, cette découverte a engendré aussi de nombreux problèmes.

Author: Claude

Trousseau et l’Art médical

12/05/2009

“La médecine est une science et l’art des relations avec les autres “

Armand Trousseau 1810-1867, Médecin français

La science peut être apprise même par un médiocre. Cependant, l’art est un cadeau de ciel, un don, un talent.

Dans cette phrase, Trousseau met le doigt sur un point important dans l’exercice de la médecine : la relation entre le médecin et ses patients. La science médicale est complexe et vaste; Cependant la relation du médecin avec les patients est un art largement plus difficile à acquérir.

Comment se comporter en face de la souffrance des autres ?

Comment consoler ?

Comment dire la vérité avec l’empathie nécessaire, sans légèreté et sans dramatisation ?

Un jeune médecin apprend beaucoup sur la médecine dans ses livres, et apprend le reste, c’est-à-dire l’art, au contact de ses patients.

Author: Claude

Tolstoi et la souffrance

12/05/2009

“Les familles heureuses se ressemblent, une famille malheureuse est toujours unique dans sa souffrance. “

Anna Karénine , Ch. 1

Leo Tolstoy 1828-1910, Ecrivain russe

Cette jolie citation résume l’esprit de Tolstoi, et sa sensibilité à la souffrance humaine. Cette sensibilité qu’on retrouve dans de nombreux romans de ce grand écrivain. La souffrance est unique, personnelle, non mesurable, impossible à quantifier.

Chaque souffrance est un cas individuel, une histoire en soi. Les médecins apprennent à comprendre la souffrance des patients, à ne pas discuter pourquoi un patient souffre.

Tolstoi nous rappelle que relativiser la souffrance des autres, la comparer est un acte de cruauté. En face de la souffrance, nous devons l’empathie, la compréhension.

Le premier rôle du médecin est d’alléger la souffrance. C’est le premier geste, le geste médical par définition : soulager.

Author: Claude

Paul Valéry et la psychologie

12/05/2009

“L’objet de la psychologie est de nous donner une idée totalement différente des choses que nous connaissons le mieux. “


Paul Valéry 1871-1945, écrivain français

Dans cette phrase, Paul Valéry nous donne une définition brillante de la psychologie : une autre connaissance de l’intime, une découverte de ce que nous connaissons déjà. C’est une approche littéraire de la psychologie bien sûre.

Ainsi selon Valéry, la psychologie nous fait redécouvrir les émotions que nous connaissons déjà : amour, haine, jalousie etc.

La psychologie est une idée différente de soi.

Il est possible d’appliquer cette phrase à la psychanalyse aussi où le patient, à travers ses mots, ses souvenirs, redécouvre sa propre vérité en revoyant les choses sous un angle différent.

Author: Claude

Voltaire et médecins

12/05/2009

“Un médecin, c’est quelqu’un qui verse des drogues qu’il connaît peu dans un corps qu’il connaît moins.”

Nous pouvons qu’être d’accord avec Voltaire et sur son avis de la médecine de son époque. il a fallut attendre la révolution scientifique amorcée par des Claude Bernard, et la généralisation des méthodes scientifiques comme celles élaborées par Pasteur pour entrer dans la médecine moderne.

A l’époque de Voltaire, le traitement était peu efficace, sans doublier la saignée et les purges, le diagnostic était approximatif, et une belle quantité des organes étaient inconnus. La société de l’époque n’avait que peu de respect pour ses médecins, et peu de confiance.

Author: Claude

Virchow et la cellule

12/05/2009

“Toutes les cellules viennent d’autres cellules. “

Die Cellularpathologie (1858)

Rudolf Virchow 1821-1900, pathologiste allemand

Rarement, dans l’histoire de la médecine, un médecin a changé autant la médecine de son époque que ce pathologiste allemand.

Virchow est un grand médecin, il a travaillé sur les tissus et les cellules. Cette phrase d’une banalité déconcertante à notre époque fut une découverte majeure à l’époque. Enfin, on savait que l’origine de la cellule était une autre cellule, que le tissu est un ensemble organisé des cellules.

Avant Virchow, on spéculait sur l’origine des cellules ; après Virchow, la pathologie entre dans les sciences médicales exactes.

Virchow est le père d’anatomie pathologique, une spécialité médicale indispensable.

Author: Claude

 

      Plan de site pathol08.com
 
 
Médecine  et santé   Grossesse et de contraceptions  
Encyclopédie Maladies  -   Encyclopédie santé mentale   Encyclopédie
Encyclopédie beauté     Beauté   Contraceptions 
Santé femme    Santé homme    Questions Réponse    Grossesse
Santé famille   Santé mentale    Préventions   Infertilité
 

 

 
 
Sexualité et de la santé sexuelle       Cancers et des maladies cancéreuses
Encyclopédie Encyclopédie
Santé sexuelle féminine  Santé sexuelle masculine  Questions réponses Type de cancer
Érotisation et sexualisation   Pratiques sexuelles solitaires Questions Réponses
Le baiser   Pratiques sexuelles en couple hétéro sexuel Témoignages
Homosexualité masculine  Homosexualité féminine 
Psycho- sexualité  Relations  Pratiques sexuelles
Blogs professionnels et personnels