feecloche1 a écrit :
SAINT-GELAIS, Mellin de (1487 ou 1490 (Angoulême)-14 oct. 1558)
Dixain
Un jour que madame dormoit,
Monsieur branloit sa chambriere
Et elle qui la danse aimoit
Remuoit bien fort le derriere.
Enfin la garce toute fiere
Luy dist : «Monsieur, par vostre foy,
Qui le faict mieux, Madame ou moy ?»
«C'est toy, dist-il, sans contredit.»
«Saint Jehan, dict-elle, je le croy
Car tout le monde me le dict.»
Publié pour la première fois dans La fleur de poesie françoyse, Paris, 1543. STFM, 1993, vol. I, p. 127.
[b][b](Rondeau sur la dispute des vits)[/b]
La nuict passée, une dame discrette
Avant coucher en part essez secrette,
A autres trois demanda par devis
De quelle taille estoient les meilleurs vitz.
«Tous vitz sont bons» respond une maigrette.
«Les longs, dict l'autre, ayment trop la retraicte.
Un vit moyen faict la meilleur traicte.
Je le sçay bien et je m'en assouvis
La nuict.»
La tierce dict : «Ne faictes poinct l'estroite
Le grand et gros a l'atteinte plus droite.»
Lors dict la dame «Apres tous vos devis
Quand la femme ayme et n'a les sens ravis,
Un vit d'amy la et bien traicte
La nuict.»[/b]
Publié dans Saingelais, Oeuvres, Lyon, 1547. STFM, 1993, vol. I, p. 277.
RONSARD, Pierre de (1524 (près de Vendôme)-27 déc. 1585 (Saint-Cosme-Lès-Tours) :
Je te salue
Je te salue, ô vermeillette fente
Qui vivement entre ces flancs reluis ;
Je te salue, ô bienheuré pertuis,
Qui rend ma vie heureusement contente !
C'est toi qui fais que plus ne me tourmente
L'archer volant qui causait mes ennuis ;
T'ayant tenu seulement quatre nuits,
Je sens ma force en moi déjà plus lente.
Ô petit trou, trou mignard, trou velu,
D'un poil follet mollement crêpelu,
Qui à ton gré domptes les plus rebelles :
Tous verts galants devraient, pour t'honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poing leurs flambantes chandelles !
PAPILLON de LASPHRISE, Marc de (1555-1599 environ) :
Ha Dieu ! Que j'ai de bien alors que je baisotte
Ma jeune folion dedans un riche lit,
Ha Dieu ! Que j'ai de bien en ce plaisant conflit,
Perdant mon plus beau sang par une douce flotte.
Ha Dieu ! Que j'ai de bien lorsque je la mignotte,
Lorsque je la chatouille, et lorsqu'elle me rit.
Ha Dieu ! Que j'ai de bien quand j'entends qu'elle dit
D'une soufflante voix : «Mon mignon, je suis morte !»
Et quand je n'en puis plus, ha Dieu ! Que j'ai de bien
De faire la moquette en m'ébattant pour rien
Ha Dieu ! Que j'ai de bien de pinçotter sa cuisse,
De lécher son beau sein, de mordre son tétault,
Ha Dieu ! Que j'ai de bien en ce doux exercice,
Maniant l'honneur blond de son petit tonneau.
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Cà, je veux fourniller en ton joli fourneau,
Car j'ai de quoi éteindre et allumer la flamme,
Je vous veux chatouiller jusqu'au profond de l'âme,
Et vous faire mourir avec un bon morceau.
Ma petonne, inventons un passetemps nouveau,
Le chantre ne vaut rien qui ne dit qu'une gamme.
Faites donc le seigneur et je ferai la dame,
Serrez, poussez, entrez, et retirez tout beau.
Je remuerai à bonds d'une vitesse ardente
Nos pieds entrelacés, notre bouche baisante,
La langue frétillarde ira s'entremouillant.
Jouons assis, debout, à côté, par derrière
(Non à l'italienne !) et toujours babillant :
Cette diversité est plaisante à Cythère.

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