Nous sommes mariés depuis 5 ans et nous avons 3 enfants de 5 ans, 2 et demi et 8 mois.
Lorsque nous avons entamé notre relation, on faisait l'amour sans y penser et assez fréquemment, comme tout jeune couple. La fréquence devait tourner autour de 2/3 fois par semaine avec des creux et des bosses bien sûr. J'aurais aimé plus car j'étais insatiable et en même temps novice mais la fréquence et la qualité de nos ébats me convenait.
Nous avons rapidement décidé d'avoir un enfant (6 mois après la rencontre) et ma compagne est tombée enceinte en quelques jours et notre sexualité a commencé à se dégrader.
Entre les vomissements puis les préparatifs de mariage puis la fin de grossesse, ma femme ne supportait plus d'avoir des rapports sexuels (fatigue, nausée) et se montrait physiquement distante (gestes de repli, sursauts au contact).
Nous sommes restés très complices pour le reste et bien que très inquiet de cette libido zéro j'ai pris sur moi de ne pas brusquer mon épouse. De fait, quelques mois après l'accouchement, notre vie sexuelle a repris mais un peu au ralenti : après près d'un an et demi (franchement, j'en devenais carrément effondré) sans relations, nos premiers rapports ont été tendus mais le plaisir est vite revenu pour tous les deux.
Seulement au niveau fréquence, c'était très moyen ( 1 fois par semaine au mieux) : on en a parlé et toutes les raisons y sont passées : enfant en bas âge, soucis matériels etc. avec la promesse répétée qu'elle sentait que le désir revenait malgré le manque de temps.
Pour mes deux autres enfants, la situation a été la même : abstinence complète pendant la grossesse puis autant de temps pour reprendre des relations... Pour les deux petits, on pris la décision d'éviter qu'ils aient trop d'écart d'âge et quand les signes de progrès dans la fréquence de nos rapports étaient manifestes, on a remis "ça" sans penser que la grossesse se déclencherait aussi rapidement.
Le résultat : on doit avoir eu une 50 aine de rapports en 5 ans et demi. J'en souffre énormément. J'en ai beaucoup parlé à ma femme lors sa première grossesse, inquiet de ne plus lui plaire mais nos rapports on repris de loin en loin. L'acte se déroulant bien et nous laissant un bon souvenir, il me paraissait évident que tout allait aller mieux. J'ai mis la faible fréquence de nos rapports sur le compte de l'organisation nouvelle de notre famille et ma femme m'assurait que l'envie lui revenait, qu'elle avait besoin de tendresse et ne pas se sentir pressée.
De mon côté, la masturbation m'aidait à tenir mais aveci la patience d'un type qui a fait ceinture 18 mois !
Cette fois notre dernier a 8 mois et on fait deux fois l'amour depuis ces 17 derniers mois !
Et la logique reste la même : j'ai envie d'elle tout le temps mais elle est fatiguée ou a trop de soucis ou les enfants accaparent son attention ou le boulot laisse peu de temps etc. Comme si depuis la naissance des enfants, TOUT passait avant notre intimité. Quand on se retrouve ensemble au calme, ses réflexes sont de regarder un film ou de me parler du quotidien : pas de problème à ça mais jamais elle n'initiera un calin à caractère sexuel ou ne se laissera tenter.
Par contre si on fait un voyage en amoureux, on retrouve un rythme "normal" (2 à 4 fois par semaine), mais je peux pas non plus me satisfaire de relations réparties sur deux fois par an !
J'ai essayé de relancer la machine avec des trucs rigolos pour épicer gentiment notre vie de couple mais pas trop osés : l'huile de massage, le chocolat pour s'écrire dessus ou un livre de jeux de rôles coquins pour nous deux. Que du soft, qu'elle a stocké à portée de main en se montrant amusée par les perspectives... sans plus.
A force d'insister j'ai l'impression de passer pour un obsédé. A ce problème s'ajoute celui de mon inexpérience et du train-train qu'on a mis en place : la position du missionnaire, le soir, dans notre chambre, sans jamais faire rebelote. Un cunni pour elle et une fellation pour moi tous les 6 mois ne me suffisent pas : je rêve d'autres pièces que la chambre, de levrettes enfiévrées ou de réveils calins sous sa bouche sans même rentrer dans mes fantasmes (plus osés que ça).
En 5 ans j'ai compris que la présence d'enfants et le quotidien prenant n'expliquent pas à eux seuls la platitude de nos relations sexuelles : ma femme a beau entrevoir des progrès, je ne constate aucun changement. Quand je tente d'apporter du neuf (acheter de la lingerie...), elle a l'air de penser que je fais une fixette et qu'on a pas besoins d'artifices pour s'y remettre.
D'après elle, elle a envie et ça lui manque mais dans les faits elle n'entreprend rien. Et, après chaque fois où j'énonce le problème que ça me pose, elle prend peur en constatant l'intensité de mon désarroi et promet de faire un effort. Quelques jours/heures après, elle n'y pense plus : on a un après-midi pour nous deux ? Elle programme du shopping ou invite une copine. Une soirée où on est pas claqué et les enfants couchés tôt ? Elle appelle sa cousine etc.
J'ai l'impression qu'elle ne ressent pas la durée de l'abstincence alors que moi je finis par me focaliser sur toutes les occasions ratées de retrouver de l'intimité.
Je ne sais pas quoi penser : elle n'est pas coincée et ne s'est jamais montrée particulièrement écœurée par telle ou telle position. Sa libido n'a pas à proprement parler baissé en qualité car dans des circonstances (très) propices (comme un voyage), tout se passe pour le mieux et elle redevient très caline. Ce n'est pas (plus) un dégout de soi car après chaque accouchement elle a retrouvé la ligne et fini par remettre des vêtements sexy. Et on reste vraiment très complices pour tout le reste.
Simplement j'ai l'impression que chez nous, le poids du quotidien est multiplié par 1000 et que je suis le seul à m'en émouvoir.
J'ai déjà évoqué un RDV chez un sexologue mais pour elle cela voudrait dire que ça relève d'une pathologie alors qu'elle y voit une pause ( de 5 ans ??!
et est donc réticente à l'idée.
Maintenant j'hésite entre lui dire carrément que je pense que ça peut/va tuer notre couple et la mettre au pied du mur (ou tu fais un effort ou je fais chambre à part) ou me lancer dans une surenchère de tentatives avec le risque de rancœur que ça peut provoquer si rien ne se débloque. Je précise avec certitude qu'aucun de nous ne trompe l'autre ou ne l'envisage et qu'on reste très proches et complices dans tous les autres domaines.
Qu'en penser : est-ce que les couples peuvent survivre à un rapport sexuel/mois ou est-ce insuffisant avec certitude ? Est-ce qu'une parenthèse de 5 ans peux exister et qu'après tout redevienne à un rythme de croisière ou elle se met le doigt dans l'oeil ? Est-ce que consulter suffit à résoudre ce types de problèmes ?