Bonjour,
J'ai 16 ans et je suis anorexique-boulimique depuis 4 ans. Je suis suivie par un medecin spécialisé dans l'adolescence et par des psy depuis 3 ans.
Je suis venue sur ce site car je cherche des réponses à mes questions. Précisement sur ce qui concerne cette "maladie".
On l'a connait si mal je trouve! Et les solutions me paraîssent dérisoires...
Le gavage et la séparation des parents me semblent être des dispositifs d'urgences et de derniers recours, plutôt barbares! Quant à la psychothérapie, elle est certainement utile, car il est toujours bon de discuter des choses qui nous tracassent avec une personne qui ne juge pas. Mais cette personne peut-elle vraiment nous guidée alors qu'elle ne l'a pas vécu? Car je suis persuadée que l'on ne peut pas totalement comprendre, tant que l'on n'en a pas fait l'expèrience.
Je constate que la médecine est encore peut avancée en ce qui concerne les maladies mentales. Il est vrai que le cerveau est un organe complexe. Mais j'aimerai vraiment comprendre ce qui m'arrivent!
Il y les raisons socio-culturels, avec le culte de la minceur et la société de consommation qui essaye toujours de nous pousser à acheter plus, à manger plus. (Ce n'est pas étonnant qu'une adolescente en quête d'elle même soit légèrement perturbée par ce genre de contradiction!
Il y a le contexte familial et l'entourage. Un décés, des parents séparés...
Il y a les expèriences douloureuses.Un viol...
Mais il y certainement une prédisposition pour développer un trouble du comportement aussi important!
Je veux dire; si tout le monde ne réagis pas de cette manière, c'est qu'il doit y avoir une raison.
Je pense que, peut-être, une grande fragilité psychique ainsi qu'une hypersensibilité, sont indispensables à l'installation de la maladie. Et qu'il n'est pas impossible que la stucture du cerveau soit quelque peu différente.
Enfin je ne sais pas...Je ne m'avancerai pas plus dans des suppositions trop asardeuses.
Aujourd'hui je vis et j'essaye de me battre contre ces maladies (oui, car il y a l'anorexie, la boulimie et l'hyperphagie qui se mélanges et s'alternent), et aussi contre la dépression, qui est venue gentiment se rajouter à cette belle collection. Mais c'est très dure car à force on perd espoir, et il n'y a pas d'amélioration; au contraire.
Actuellement je passe mes journée au lit. Je n'arrive même plus à aller au lycée (de toute manière j'ai un mal fou à me concentrer). Je n'arrive qu'à me doucher 3, 4 fois par semaine. J'ai une perte d'appétit (certainement dû à la dépression), mais quand je fini par crever de faim, je mange et là je ne peu plus m'arrêter. Après je me fait vomir ou pas. Puis je dors, je dors...tout le temps car comme ça je ne pense à rien; et je suis loin de la réalité. Et puis je n'est pas ce dur choix à faire : commencer un combat contre la maladie, qui me prendra des années et dont la réussite est incertaine; ou bien me suiccider tout de suite et ne plus souffrir...En fait, je ne vis pas, mais je ne meurt pas non-plus.
Merci.