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 Sujet :

L'idiot de Dostoïevski et épilepsie

 
n°3111
Note : /7 pour vote
Posté le 16-06-2006 à 12:37:33  answer
 

Bonjour

 

Contente de trouver un forum médical qui parle littérature.
Je suis prof de littérature et j'anime un cercle de lecture.
En mois de mai, nous avons lu l'idiot de Dostoïevski. Quel choc de lire un tel roman, j'espère que les membres de ce forum partage mon avis
Un membre a soulevé une question difficile.
la fameuse phrase dans le premier chapitre en parlant du prince Myschkin ( nommé l'idiot):  

 

Il avait de grands yeux bleus au regard fixe; ce regard avait quelque chose de doux mais de pesant, une expression étrange révélant aux yeux d’un observateur averti un épileptique".  

 

Cette phrase fait un peu peur, ce regard doux et pesant
y a t il vraiement en médecine des signes extérieurs  de l'épilespie . Si oui, ce regard existe-il vraiement.
Sachant que Dostoïevski était lui meme épileptique, il a peut etre décrit la maladie d'une facon précise.

 

Merci de votre réponse. Ce sujet sera discuté dans notre cercle en mois de Juillet et je serai contente d'avoir une  répose d'ici la
Merci et bonne continuation  :rolleyes:

 

mood
Posté le 16-06-2006 à 12:37:33  profilanswer
 

n°3566
pathol08
Profil : Pathol03
Note : 4.9/7 pour 11 votes
Posté le 25-07-2006 à 20:02:53  profilanswer
 

Bonjour

 

Afin de permettre à nos visiteurs de suivre notre discussion, voilà un résumé.  Fédor Mikhailowitch Dostoïevski est né à Moscou en 1823 et mort à Saint-Pertersbourg en 1881), fils de médecin, termine son roman L’Idiot en 1868.

 

Le roman l’idiot n’est pas le roman le plus connu peut être de ce grand romancier mais demeure un roman dense et étrange.
Le prince Muichkine, l’idiot  arrive à Saint-Pétersbourg. Pourquoi Idiot?
Parce qu’il dit ce qu’il pense sans se soucier des conséquences, parce qu’il est pur, il est bon, incapable d'agir et sans amour propre. C’est un parfait innocent.
L'auteur dessine la société russe à travers le regard insouciant et candide d'un homme pur et bon,  incapable de deviner la perfidie humaine. Le prince découvrira la psychologie humaine bien sur.
Il ne faut pas oublier que Dostoïevski était chrétien. Le prince Myschkin est un personnage christique.  Dans un monde arriviste et intéressé, il illumine de son regard,  attachant par sa générosité, tel le Christ. Il va changer les gens autour de lui. Il cultive la meilleure dans chacun. Nicolaïevitch  sera meilleur de lui,  Anastasia retrouve la pureté après une vie immorale, Yvolguine retrouve le sens de l'honneur et Rogojine retrouve le sens de la fraternité.

 


le prince est épileptique

 

Dostoïevski était lui-même épileptique, donc c’était sa manière à lui de percevoir l’épilepsie comme une maladie visible. C’est une contre vérité médicale bien sur. L’épilepsie est une maladie nerveuse qui provoque des crises. En dehors des crises, le patient est normal.  
Le Prince décrit ses crises :
"Mes accès se succédaient trop fréquemment j’entrais dans état de prostration, perdant complètement la mémoire, et bien que mon esprit continuât à fonctionner, le cours logique des mes pensées s’interrompaient".

 

Dostoïevski décrit avec minutie l’aura qui précédait les crises du Prince:
Il y avait un moment précédent de très peu la crise où soudain, au milieu de la tristesse, des ténèbres de l’âme, de l’étouffement, son cerveau s’embrasait par instants, et où toutes ses forces vitales se tendaient à la fois dans un élan extraordinaire. La sensation de vie, la conscience de soi-même paraissaient décuplées dans ces moments fulgurants.
 
Il caractérise cet état de "conscience supérieure" et dit :
"Oui, pour ce moment on pourrait donner toute sa vie".

 

A travers ce livre, on peut noter que Dostoïevski considérait  l’épilepsie comme une maladie  permettrant  d’accéder à un niveau de conscience supérieure. Bien sur, ce n’est pas la réalité médicale.  Dostoïevski était mystique,  c’était sa façon à lui de penser cette maladie.

 

L épilepsie comme les autres maladies nerveuses a fasciné de nombreux écrivains. D’autres parts de nombreuses célébrités étaient victimes de cette maladie :  Dostoïewski, Gustave Flaubert, Vincent van Gogh, Molière.

 

Nietzsche dans son aphorisme "La fuite en avant" écrivit : "Quatre des plus avides conquérantes de tous les temps furent des épileptiques soit Alexandre le Grand, César, Mahommed et Napoléon, et il en fut de même pour Lord Byron. »
Nietzsche n’a pas pu citer Lénine qui était épileptique aussi.  

 

« L’idiot » c’est un voyage sensible et merveilleux à travers un roman puissant de presque mille pages.

 

Espérant que commentaire sur le lien entre cet immense ecrivain et l'épilepsie vous sera utile.

 

Bon courage pour votre cercle de lecture, quelle belle idée de discuter ce genre des livres.

n°3568
lisabelle
Commodité n'est pas vérité
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Note : 2/7 pour 3 votes
Posté le 25-11-2006 à 11:02:54  profilanswer
 

:jap:  :jap:  
Waou  
bon boulot  :hello:  
je vais particpier a ce topic.  


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La volupté n'est pas seulement la passion.

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