J’étais en train de regarder le match. Une ex me téléphone : je suis dans le quartier.. Tu m’invites. Elle vient. Elle me dit que tout va bien, à nouveau seule.
La courtoisie m’empêche de lui demander ce qui la pousse à me rendre visite. Elle se sent seule, elle a pensé à moi. Subitement, elle me sort deux trois phrases genre : "Nous sommes restés amis toi et moi, c’est bien. "
Tu parles Charles !! Des mois de vie commune, pur désir qui agonise en amertume sanglant. Elle a changé un peu depuis deux ans. Selon elle, la rupture était mutuelle. Dans ma tête, rupture toxique et subie.
Envie de la mettre dehors. Envie de lui répondre qu’aucune rupture n’est mutuelle, il y a celui qui quitte, celui qui est quitté. Celui qui détruit, celui qui subit, celui qui crie liberté, celui échec. Des ex disent nous sommes devenus des grands amis. Je n’arrive pas à les croire. Indifférence oui, normalisation oui, amis, non.
J’ai vu « un ami pleurer » quand la mère de sa fille a claqué la porte en lui disant : restons amis, on a une gosse à élever. Terme civilisé qui ne vaut rien dire. Faut une dose de génie pour normaliser avec un(e) ex pour élever un enfant!!
Envie de vengeance, la séduire à nouveau, la jeter cruellement « en restant amis ». Envie le lui dire quelques mots. Rien dit sauf « ne me re contacte plus stp. J’ai une autre personne dans ma vie, l’amitié de ce genre ne me tente pas. »
Si j’étais prof, j’aurai infligé à mes pauvres élèves ce matin une difficile rédaction autour de l’énigmatique phrase de Camus qui me revient depuis hier « L'amitié se termine souvent en cas d’amour; L’amour ne finit jamais en amitié.»
Mais je n’ai pas la chance d’exercer le noble métier de prof, et j'ai raté le deuxième temps du match.
---------------
la solitude choisie n'est pas une solitude, c'est un choix