Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur
 Sujet :

mon histoire d'hyperphagie

 
n°19
Anne
Note : 0/5 pour 0 vote
Posté le 04-11-2005 à 11:19:51  profilanswer
 

L’hyperphagie compulsive? C'est mon plus grand ennemi, ma grande peur, le monstre qui me bouffe la vie et qui me pousse à me détester.
J'ai toujours eu un rapport étrange avec la nourriture. Quand j'étais très jeune, j’étais très mince, effrayée par la nourriture.  Ma famille n’était pas une famille de rêve, le père boit un peu trop et la mère plutôt agressive. Beaucoup de hurlement à heure du dîner. À cette époque, je mangeais normalement, je pense.
J'ai commencé à manger un peu trop au cinquième par force. Un moment dur pour moi, je deviens une jeune fille, développement physique, isolement social, déséquilibre émotionnel. Je détestais mon corps,  mon monde, et ces regards que les garçons déposent sur mon corps.  
Ma mère est devenue obèse a cette époque, je peux dire qu’elle était hyperphagique aussi.   Après ses scènes de ménage avec mon père, elle vidait e frigo  et quelques boîtes de conserve, puis s’allongeait dur le sofa pour lire un magazine.
 J'ai commencé à manger pour me conforter, et j’ai pris du  poids. La nourriture me calmait mais mes camarades de classe commencent à railler mon corps, et surtout mes hanches. Mais qu’importe, je souffrais, je me consolais en vidant à mon tour le frigo. Je situe ma dépendance à la nourriture à mes années du  collège, 14-15 ans.
Je n’ai pas été réellement abusée, mais mon frère a tenté une fois de me caresser, je l’ai repoussé. Quand une fille devient adolescente, les commentaires bêtes sur sa poitrine ne manquent pas, mais en plus  le poids ? Les commentaires de mon père n’étaient pas tendres, une fois il me lance : tu cul devient énorme, on dirait une vache, arrête de bouffer ma fille.
J’ai aujourd’hui 27 ans,  168 cm, 65 kg Une belle réussite car à 19 ans, je pesais 92 kg Mais il ne faut pas croire que je suis sortie du tunnel,  je me déteste, j’ai une haine contre moi, et quand je suis triste je mange. Quand je m’ennuie, je mange. Quand je me sens mal, je mange.

 

Je  suis seule après la rupture d’un couple qui a duré 2 ans, et je sais que je dois à nouveau chercher l’homme qui veut bien de moi, et que je dois à nouveau séduire, et dépasser cette haine que j’ai contre moi. Après maintes consultations,  le psychiatre a décidé de traiter mon état comme une dépression chronique. J’ai consulté car j’avais des idées noires.
Le Prozac a amélioré un peu mon état, mais c’est la parole qui m’a aidé le plus. Je parlais partout, chez la psy, dans les forums du net, et avec un médecin de ce site qui a décidé de m’aider. Cela se nomme thérapie cognitive selon lui.
L’essentiel des mes discussions ne tourne pas autour de la nourriture mais autour de mon estime – soi. J‘ai appris à me détester moins,  à me pardonner, puis un jour, je me suis dis que mes parents n’étaient pas des génies, mais ils ont fait ce qu’ils pouvaient. A chaque fois, je parle avec le médecin, il me dit : Anne, aime-toi un peu plus, aime ce qui est bien en toi, ne sois pas sévère avec toi. Peut être la clé est-la.
Bon courage, ce n’est pas facile de sortir de ce tunnel , mais le problème n’est pas au frigo, le problème de l’hyperphagie est dans la tête

mood
Posté le 04-11-2005 à 11:19:51  profilanswer
 

n°20
pathol08
Note : 4.9/5 pour 11 votes
Posté le 07-11-2005 à 11:52:13  profilanswer
 

Bonjour Anne

 

Merci pour votre témoignage émouvant et riche en espoir

 

J‘ai appris à me détester moins, à me pardonner, puis un jour, je me suis dis que mes parents n’étaient pas des génies, mais ils ont fait ce qu’ils pouvaient. A chaque fois, je parle avec le médecin, il me dit : Anne, aime-toi un peu plus, aime ce qui est bien en toi, ne sois pas sévère avec toi. Peut être la clé est-la.
[B]

 

Vous avez tout dit , la porte de sortie passrera par l'amouir de soi, par une relation moins sévère avec soi même.

 

Esperant avoir toujours de vos nouvelles. Bien à vous


Aller à :
Ajouter une réponse