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J’avais 16
ans, l’age des problèmes dit-on. J’avais une bonne
relation avec mes parents et tout allait bien. Dans une
sortie en groupe j’ai fait connaissance avec Luc, 17
ans. Je n’ai pas dit à mes parents quand j’ai couché
avec lui. C’était un samedi de mois de novembre 2000,
on s’est caressé longuement puis on a utilisé le préservatif.
Le médecin a expliqué ma grosse par le fait que Luc
avait éjaculé dès le début de son érection avant même
de mettre le préservatif. Quelques semaines plus tard, je
consulte accompagnée de ma mère le médecin pour un
problème de vessie. Il a demandé un test de grossesse,
et c’est revenu positif. Un samedi après midi, ma
grossesse est confirmée. J’ai pleuré, ma mère me
traite de stupide et de traînée, avant de me prendre
dans ses bras et me dire que ce n’est pas grave, ça
arrive. Nous devons dire à personne. Ni ton frère no ton
père. Et Luc ?? Non plus. Il ne va accepter un enfant à
dix-sept ans.
Le
dimanche j’étais déprimée, mon père crut que j’étais
malade. En cachette, je téléphone à Luc, je fais
semblant de plaisanter en disant : tu fais quoi si je te
dis que je porte ton bébé ?? Il rit en me disant : alors
je te dirai on va voir un gynécologue.
La décision
était véritablement difficile, j’ai dit à ma mère
que je suis prête pour l’avortement. La consultation
chez le gynécologue dura un quart d’heure, avec un
examen en écho. J’avais un fœtus de 7 semaines et
demie. Après une rencontre avec une psychologue, une
femme assez âgée et sérieuse, j’avais une semaine de
réflexion. C’est la semaine la plus difficile que
j’aie passée. Luc me téléphone en disant qu’il
voulait me montrer son ordinateur, j’ai refusé.
J’avais un mépris et un dégoût de ce gamin, j’étais
enceinte d’un gamin !!! Le soir de l’intervention, ma
mère me conseilla de me doucher et me rappela qu’il ne
fallait pas manger ni boire. A la clinique, je présente
une pièce d’identité (livret de famille) et j’étais
conduite dans le service de gynécologie. A huit heures,
une infirmière me demanda de me déshabiller, et m’a
aida à enfiler une robe verte en papier, puis me laissa
dans une chambre avec ma mère. Une autre infirmière est
venue pour une prise du sang. L’anesthésiste
m’examina et me proposa un comprimé de Valium e j’ai
accepté. Je quitte ma mère qui me serra la main avec
nervosité en me répétant : ça va aller, ça va aller.
La salle d’opération était froide, je m’allonge sur
la table, on me fait une toilette avec un désinfectant
jaune, puis je mets mes pieds sur les étriers. Une
infirmière m’expliqua ce qu’il va se passer, elle
resta près de moi, le médecin arrive, il examine le
vagin puis j’ai senti un spéculum métallique dans mon
vagin. La suite était rapide. J’ai senti une douleur
atroce lorsque le médecin injecta la novocaïne dans le
col. Cela me faisait si mal que j’ai crié et j’ai dit
que je ne voulais plus. Mais un autre sentiment est venu
comme les crampes des mes règles, puis un bruit
d'aspiration. Le médecin dit un mot à son assistante
puis j’ai senti une sensation de grattement,
inconfortable mais pas douloureux. C’était le curettage
(utilisant une boucle en métal à enlever les tissus,
puis à nouveau l'aspiration. J'étais étourdie; mais la
procédure entière avait pris cinq ou dis minutes. Le médecin
quitte la pièce, l’infirmière nettoie mes jambes et
mon ventre. Dans le flacon de la succion, il y avait
presque rien, un tissu brunâtre et peu de sang.
A nouveau
dans ma chambre, ma mère avait compté 20 minutes la durée
de l’intervention. Le médecin passa me voir une heure
après l’intervention, un examen rapide puis une piqûre
car j’étais RH-. Tu ne veux pas ton petit déjeuner ??
Je peux, il me dit : bien sur. J’ai pris un croissant et
un chocolat chaud, ma mère se contenta d’un café.
Je suis
reconnaissante à ce médecin qui a exécuté mon IVG
professionnalisme et dignité. Pas un mot, pas une
critique, un professionnel respectable et doué. La seule
chose qui m’a dit en me signant les feuilles de sortie
que je dois prendre des antibiotiques durant trois jours,
et d'autres médicaments avec pilules contraceptives et
qui il serait content de me revoir dans une semaine. Je
suis reconnaissant à ma mère qui a compris ma détresse,
et chaque personne qui a luté pour que ces interventions
soient réalisées avec dignité et sans souffrance
excessive.
Je n’ai
pas oublié, ce n’est pas possible, c’est un choc
inoubliable, une atroce souffrance psychologique, mais le
gynécologue m’a conseillé de faire semblant
d’oublier et de revivre à nouveau ma vie. Laisse au
temps le soin de te faire oublier. J’ai quitté son
cabinet avec une contraception cette fois ci.
Fin
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