L’image
du corps dans une culture de confusion
Si
un martien atterrit ce soir dans une rue de Paris, que
voit- il en premier ?? Quelle image de la femme et
de l’homme peut il avoir en regardant les publicités
des parfums, des produits cosmétiques. Si ce martien décide
de passer la nuit dans un hôtel parisien, et met sa télévision
en marche, quelle idée peut il avoir sur notre société ??
Quel rapport sur notre mode de vie peut il faire aux
peuples martiens ?? Il n’est pas exclu que notre
visiteur martien pense que les femmes sur terre sont
jolies, jeunes, minces, colorées,
munies de seins de rêve, des jambes parfaites,
et d’un érotisme débordant. Il peut écrire aussi
que les nos hommes sont musclés, bronzés, aux
pectoraux solides, et aux hanches fines.
Après
une nuit à l’hôtel, notre martien peut observer la
souriante serveuse qui offre petit déjeuner, et en découvrant
qu’elle est enceinte, il se peut qu’il lui pose la
question : vous n’êtes pas d’ici vous. En
voyant dans la rue une personne âgée, il se peut
qu’il lui demande :
Vous êtes si
différente, quelle est votre maladie ?
La
société occidentale post moderne est une société de
travail et de consommation, une société de performance
et de loisir. Les produits culturels : images,
films, livres, sont d’autant plus puissants et
attractifs qu’il ne sont pas arbitraires mais sont des
produits «commerciaux » étudiés, testés, et
bien finis.
Confusions
et images sexuelles
Les
personnes âgées aujourd’hui de 30-35 ans, se
souviennent que les images sexuelles ou explicites de
l’acte de sexe étaient réservées aux adultes, mais
nous vivons dans une culture qui envoie les produits
sexuels (images, magasines, films) vers le foyer
familial, la télévision commercialise le corps de
femmes (et de plus en plus le corps d’hommes) avec une
abondance d’images, d’extase et de violence.
Le
sexe fait partie de l’identité
Le
sexe est si présent, faisant partie de l’être
occidental actuel, un produit et un but en soi. Celui
qui ose rejeter le sexe devient l’étranger. Il est
facile d’imaginer que le sexe soit devenu un rite de
passage par lequel un adolescent devient une personne
sexuelle et de plus une personne intégrer dans
notre société.
Confusion
et double langage
Notre
culture continue à encourager aux rencontres sexuelles
libres et épanouies, « vivre sa sexualité » en
continuant à être une société monogame ( dans les
textes des lois ) alors que plusieurs femmes sont présentes
dans la vie d’un homme et plusieurs hommes sont présents
dans la vie d’une femme.
Les films, les libres, les pub montrent des
rencontres romantiques, des moments sexuellement irrésistibles
et intenses alors que la crainte du Sida et des MST sont
là et à juste titre; Un double message surgit ;
Je t’aime, je t’offre mon intimité, mais je ne te
fais pas confiance, le préservatif existe.
Entre
l’abandon et l’extase montrée dans les produits
culturaux à l’outrance et les appels à la prudence,
les rencontres sexuelles font l’objet d’un langage
contradictoire.
La
sexualité confuse et l’anxiété
L’époque
de la spontanéité du plaisir sexuel est révolue.
L’anxiété s‘installe à cause des MST( surtout
Sida), de la performance sexuelle (valeur suprême), la
fatigue née d’un monde de compétition scolaire ou de
travail. Voilà le monde des adolescents alors que leurs
parents pratiquaient une sexualité différente :
caresses, de nudité, de relaxation, de plaisirs
sensuels sans surveillance, ni anxiété.
Chaque médecin s’étonne en face du nombre
d’adolescents ne pouvant pas contrôler leur anxiété
sans Prozac et les autres anti- dépresseurs, sans
oublier l’alcool , le cannabis, et les autres
substances.
L’anxiété
devient frustration
Aucune
femme ne peut entrer en compétition avec une actrice
qui vient de passer son quatrième ou cinquième lifting
du visage, aucun homme ne peut avoir les mêmes muscles
d’un Stallon, ou les pectoraux des beaux nageurs des
feuilletons télévisés. Même en expliquant que telle
actrice avait subi plusieurs liftings, les images
continuent à fasciner et le visage maquillé et
travaillé fait rêver les spectateurs. Une femme
ordinaire peut avoir honte de ses rides dans notre société,
cela peut signifier qu’elle est négligente, peu séduisante,
et pire : pauvre et incapable de payer une
chirurgie esthétique. Les hommes aussi travaillent à
sculpter leurs corps. Avoir des muscles est un signe de
sportivité, d’être bien dans sa peau, et de maîtriser
son corps. Les ouvriers manuels peuvent être fiers de
leurs muscles, cela revient à la mode, mais pour être
séduisant, il faut l’impossible : les muscles
d’un bûcheron ou les doigts délicats et raffinés
d’un pianiste ou d’un chirurgien. Jamais la culture
occidentale n’a été aussi conformiste et aussi répressive.
Le
corps devient notre identité
Nous
présentons nous-mêmes au monde par nos corps. Nous
montrons et demandons d’être reconnus, acceptés, aimés,
et désirés. Comment une adolescente doit réagir si on
critique son corps, ou si elle est convaincue que ce
corps fait partie de ses angoisses. L’idée de contrôle
reste centrale dans notre culture. Nous ne devons avoir
ni rides, ni rondeurs. Cette obsession de contrôle
conduit à l’obsession du poids : névrose de
notre société.
Confusion
homme femme, avenir professionnel travail incertain, la
communauté et groupe remplacent nation et famille en
qualité de source identitaire. Dans une telle culture
de confusion,
le corps peut sembler être un endroit où une
certaine mesure de contrôle peut être réalisée par
l’individu. Ces tentatives de contrôle du corps sont
futiles ;
Le fait même que nous sommes mortels signifient
que nous ne pouvons jamais être maîtres de nos vies.
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