Aux
États-Unis, au brésil, et en Europe,
la quête de la perfection physique atteint
des sommets inégalés. De jeunes femmes dans la
vingtaine se font remonter les paupières ou en sont
déjà à leur seconde liposuccion; des adolescentes
se font remodeler les cuisses ou gonfler les seins
ou remodeler les hanches.
Des
gens de milieux modestes cherchent crédit et
s'endettent pour s'offrir le visage ou la silhouette de leurs rêves.
Adolescentes se font retoucher le nez, les seins ou
faire une liposuccion. Les femmes dans la
quarantaine veulent se faire remonter les seins ou
opérer le ventre. Vers 45 ou 50 ans, on commence à
parler de lifting.
Les
progrès de la chirurgie permettent de répondre à
un fantasme : modeler son image . Résultat, la médecine
change de finalité. Elle ne soulage pas des maux,
mais elle comble un désir.
Des femmes au visage parfait se font opérer
pour une petite ride, alors que d'autres, au visage
marqué ou au cou trop gras, ne veulent pourtant
rien changer... Elles se sentent bien telles
qu'elles sont. Entre l'image de soi et celle que perçoit
autrui, le décalage est possible.
Ammélia nous raconte qu’elle a fait
deux liposuccions
après son divorce, et que
le nouveau élu regarde ses fesses maintenant
et les trouve « parfaites » , mais elle
n’est pas heureuse pour autant. Elle craint que
son ventre soit trop gros. Plusieurs
études montrent
une amélioration de l’état
psychologique des patients après ces chirurgies, mais
19,5 % des patients faisant appel à cette chirurgie
sont déjà atteints d’une pyschopathologie (trouble de personnalité, dépression,
.etc)
que la chirurgie ne pourrait améliorer.
il
faut faire la distinction entre chirurgie plastique
(réparatrice) et chirurgie esthétique: Dans la
première, les indications ne font pas de doute: on
n'a pas à s'interroger sur vos motivations: elles
sont indiscutables!
Le terrain devient plus mouvant quand on accède
à un désir d'ordre purement esthétique. C'est
plus difficile de connaître les motivations des
patients, d'autant plus que le chirurgien n'est pas
forcément compétent pour déceler la présence
d'un malaise d'origine psychiatrique.
Les plasticiens se trouvent obligés de fixer
quelques limites : un médecin ne devrait pas
accepter une
chirurgie esthétique après un divorce ou une séparation,
ne devrait pas opérer une adolescente avant
d ‘éliminer des troubles psychologiques.
Jéssica 17 ans, consulte pour une liposuccion. Elle
n’aime pas ses hanches, et se trouve peu désirable
en maillot de bain ou dans le lit avec son copain.
Elle raconte qu’elle avait déjà perdu 10 kg après
un régime (fruits légumes) puis reprit quelques
kilos. En discutant avec elle, le chirurgien découvre
un cas de boulimie accompagnée d’obésité.
Les moeurs actuelles nous incitent à exposer
notre corps, à le monter, jamais un défaut sur
le sein d’une femme n’a eut autant d’intérêt.
Evolution inquiétante !!
C’est quoi un corps parfait ?? C’est
quoi la beauté d’un corps? Schopenhauer a dit que
l’essence de l’esthétique est dans
l’abolition de la volonté et de la tension. Il a plutôt raison . Et vous ,
qu’en pensez vous ? A lundi prochain.
Pathol08,
Lundi 20 Mai 2002
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